lanis Morrissette, Angelina Jolie, Anne-Marie Losique, Britney Spears, Christina Aguilera, Coco Chanel, Courtney Love, David Bowie, Drew Barrymore, Elton John, John Travolta, Jules César, Kate Moss, Kurt Cobain, Lindsey Lohan, Madonna, Pamela Anderson, Paris Hilton, Yves St-Laurent… La liste est longue. Et qu’ont toutes ces vedettes en commun?

Ils s’affirment bisexuels…

La bisexualité, c’est d’être émotionnellement ou sexuellement attiré par les deux sexes. Cette orientation sexuelle est peu abordée et souvent négligée. Et pourtant, elle serait plus fréquente que l’on ose le croire.

Selon la bible et la convention, un homme et une femme, c’est le seul type de couple possible. Bien entendu, avec l’évolution et les changements dans la société, la nouvelle place de la femme et l’ouverture sur le monde et l’intimé, cela a bien changé. À savoir si l’orientation, hétérosexuelle, bisexuelle ou homosexuelle, naît du conditionnement de la société, des modèles parentaux ou de la composition biologique, le dilemme peut susciter bien des débats. Mais l’important, c’est de prendre conscience de diverses sortes d’orientation sexuelle, et de savoir les accepter.

Une échelle de mesure

Il y a déjà plusieurs années, Alfred Kinsey a découvert dans sa recherche datée des années 1940-1950 que 33 à 46 % des hommes et 15 à 25 % des femmes auraient des attirances sexuelles envers les deux sexes. Très avant-gardiste, il a su créer une échelle, utile encore aujourd’hui, dans laquelle la bisexualité prends une grande part;

0= Entièrement hétérosexuel(le) 1 = Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le) 2 = Prédominance hétérosexuelle, avec un «passé» homosexuel bien distinct 3 = Également hétérosexuel(le) et homosexuel(le) 4 = Prédominance homosexuelle, avec un «passé» hétérosexuel bien distinct 5 = Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel(le) 6 = Entièrement homosexuel(le)

Cette échelle qu’il a proposée suggère une approche différente de l’orientation, la rendant variable et non fixe. Aujourd’hui, on tente de tout étiqueter, des fruits au supermarché à notre orientation sexuelle. Tout doit être classé dans des sortes, des races, des types et des saveurs. Kinsey, lui, propose de rendre l’orientation sexuelle plus flexible. Du coup, si cette échelle pouvait être commercialisée davantage, les tabous, les stéréotypes et les jugements seraient en chute libre.

La pratique

Abordons maintenant leur pratique; bien des gens peuvent penser, à tord, que les bisexuels sont complètement débridés et s’engagent dans des relations à plusieurs, hommes et femmes confondus, le plus souvent possible. Au contraire, les bisexuels ont une sexualité semblable aux hétérosexuels et aux homosexuels; plusieurs disent ne s’engager dans des rapports qu’avec une seule personne à la fois. Ils vivent également fréquemment des relations engagées à long terme, allant même jusqu’au mariage. C’est l’orientation sexuelle qui peut mener à des couples à trois ou à des mariages très ouverts, mais ce n’est pas le cas de la majorité des bisexuels. Voici leurs différentes conceptions de l’amour…

Certaines personnes sont bisexuelles, mais se disent soit homosexuelles ou hétérosexuelles. Pourquoi? Principalement pour être mieux intégrées à la société, déjà fermée sur l’homosexualité, mais également parce qu’elles font le choix de se centrer sur un seul sexe. Elles sont conscientes de l’attirance qu’elles éprouvent pour l’autre sexe, mais n’iront jamais plus loin. Que ce soit parce que leur attirance est moins forte pour un certain sexe, ou pour des raisons plus importantes (par exemple une fille qui veut avoir des enfants a plus de chances de choisir son attirance envers les hommes). Ce choix mène souvent à des couples qui s’adonneront, après quelques verres, à des relations sexuelles à trois, afin de combler l’ambivalence du partenaire bisexuel, une fois de temps en temps.

Faire un choix… ou plusieurs

D’autres – souvent les amis, la famille et les regards extérieurs – disent que la bisexualité n’est qu’une phase; qu’elle représente une période entre-deux, de «l’adolescence» de sa vie amoureuse. Un peu pour pouvoir ensuite se rassurer d’avoir le bon choix. Cette vision est souvent celle choisie notamment par les parents, qui ont «peur» que leur enfant soit homosexuel et bisexuel, par manque d’ouverture ou par crainte de ce que les voisins vont penser. Personnellement, je crois que tout le monde a droit à une phase de découverte, mais si un jour votre ado vous dit qu’il est bisexuel, le courage que ca lui a pris pour vous le dire dénote probablement de la force de son sentiment d’appartenance à cette orientation.

Une femme peut également décider d’être bisexuelle pour, une fois de temps en temps, avoir une rencontre sexuelle complètement satisfaisante, avec quelqu’un qui a un corps semblable au sien, et qui sait exactement comment ça fonctionne. Et, quelques jours plus tard, elle aura un rapport sexuel avec un homme, afin de redécouvrir les attraits masculins qu’elle n’a pas… Sans avoir à écouter le hockey, et a endurer les caprices que chacun attribue à l’autre sexe!

Certains bisexuels affirment qu’ils ne sont pas en amour avec les organes génitaux d’une personne, mais bien avec l’être dans le corps. Ils aiment pour la personnalité, non pas pour ce que la société a dit qu’il était convenable d’aimer. Cette vision de la bisexualité la rend beaucoup plus sereine et devrait être d’avantage considérée. Au fond, peut-être que c’est ca, l’amour? Qu’en pensez-vous?